opera news

download from google play download from apple store

Pull to refresh

Pull to refresh

Pull to refresh

Pull to refresh

Pull to refresh

Pull to refresh

Pull to refresh

Pull to refresh

Pull to refresh

Pull to refresh

Pull to refresh

Connection failed Try again

opera news

download from google play download from apple store

Pas de prix pour les vaccins à ARN : le Nobel de médecine déjoue les pronostics

Marianne 10/4/2021

Surprise

View pictures in App save up to 80% data.
Le comité du Prix Nobel a décidé de déjouer les pronostics en récompensant les américains David Julius et Ardem Patapoutian pour leurs découvertes sur les récepteurs de la température et du toucher. AFP

Le comité du Prix Nobel a décidé de déjouer les pronostics. Cette année, la communauté scientifique s’attendait à ce que le Prix, qui fête ses 120 ans, soit placé sous le signe du Covid-19. En effet, depuis presque deux ans, le Sras-Cov-2 a fait l’objet d’un nombre exceptionnel de travaux et a permis un bond en avant dans certains domaines de recherche. Des scientifiques dont les travaux ont permis de gérer la pandémie étaient donc pressentis pour être récompensés, notamment les pionniers des vaccins à ARN.

Ce ne sera finalement pas le cas, du moins pour le Prix de physiologie ou médecine. Celui-ci a été le premier annoncé, ce lundi 4 octobre. Les américains David Julius et Ardem Patapoutian ont été récompensés « pour leurs découvertes sur les récepteurs de la température et du toucher ». Des recherches dont le jury a considéré qu’elles répondaient au mot d’ordre du créateur du prix, l'inventeur suédois Alfred Nobel : récompenser des « bienfaits pour l'humanité ».

Toucher et température

Les deux scientifiques se sont intéressés aux mécanismes de ces récepteurs sensitifs. Plus exactement, leurs travaux consistent à comprendre comment le système nerveux ressent la température et le toucher. Leurs « découvertes révolutionnaires » ont « permis de comprendre comment la chaleur, le froid et la force mécanique peuvent initier les impulsions nerveuses qui nous permettent de percevoir et de nous adapter au monde », a indiqué le jury Nobel à Stockholm.

David Julius, 65 ans, professeur à l'Université de Californie, a de son côté utilisé la capsaïcine, un composant actif du piment. Celui-ci provoque une sensation de brûlure : grâce à ce dernier, il a pu identifier un capteur dans les terminaisons nerveuses de la peau qui réagit à la chaleur. De son côté, Ardem Patapoutian, professeur au Scripps Research en Californie né en 1967, s’est reposé sur des cellules sensibles à la pression pour découvrir une nouvelle classe de capteurs qui répondent aux stimuli mécaniques dans la peau et les organes internes.

L’ARN grand favori

Beaucoup s’attendaient à ce que les deux parents des vaccins à ARN reçoivent la prestigieuse distinction. La Hongroise Katalin Kariko, également vice-présidente senior du laboratoire allemand BioNTech, et l'Américain Drew Weissman travaillent depuis 15 ans à la mise au point de technologies ARN. Ainsi, les deux professeurs à l'université américaine de Pennsylvanie ont ouvert la voie aux vaccins des laboratoires Pfizer/BioNTech et Moderna, déjà administrés à plus d'un milliard de personnes dans le monde pour les protéger du Covid-19. La technique fait aussi l'objet de développements prometteurs contre d'autres maladies et virus.

« Ce serait une erreur du comité Nobel de ne pas donner le prix au vaccin par ARN messager cette année, même si c'est un peu risqué », estimait avant l’annonce Ulrika Björkstén, cheffe du service scientifique de la radio publique suédoise. En effet, d’autres considèrent qu’il est trop tôt pour récompenser ces chercheurs. Le comité Nobel est connu pour sa tendance à laisser passer des années voire des décennies, par prudence scientifique, avant de décerner son sacre richement doté (près d'un million d'euros par discipline). En théorie, le testament Nobel voulait récompenser les actions de l'année écoulée, mais cette consigne n'a jamais été respectée depuis 1901. « Ils seront certainement envisagés pour les années à venir, mais j'ai des doutes pour cette année », notait, également avant l'annonce, David Pendlebury de l'organisation Clarivate, qui tient à jour chaque année une liste de nobélisables. Leurs trouvailles pourraient également être récompensées mercredi en chimie.

Reste que les parents des traitements à ARN ne manquent pas de récompenses cette année. Katalin Kariko a notamment reçu le 24e prix L'Oréal-Unesco « Pour les femmes et la science » jeudi 30 septembre « pour sa contribution exceptionnelle au perfectionnement de la technologie dite de l'ARN messager ». Deux jours plus tôt, la Grande Médaille 2 021 de l'Académie française des sciences, attribuée tous les deux ans à un savant français ou étranger, lui a été décernée. L’Académie des sciences a tenu à préciser que cette dernière a eu du mal à convaincre de l'utilité de ses travaux centrés sur l'ARN messager. Enfin, ils ont reçu ensemble le « Breakthrough Prize in Life Sciences », prix de médecine décerné chaque année depuis 2013, début septembre.

Éventail large

D’autres scientifiques faisaient office de favoris, notamment un duo de nonagénaires, l'américain Max Cooper, 88 ans, et l'Australien d'origine française Jacques Miller, 90 ans. Ces derniers ont percé, il y a plus d’un demi-siècle, le secret du thymus, dernier organe humain dont on ignorait encore la fonction précise dans les années 1960. Ils seraient devenus les deux plus vieux lauréats à remporter le Nobel de médecine.

Les lauréats du Prix Nobel 2 021 seront annoncés tout au long de la semaine. Mardi, ce sera la physique, mercredi la chimie, puis la littérature jeudi et l’illustre prix de la paix vendredi, seule récompense décernée à Oslo. L’économie clôt les annonces lundi prochain.

Follow us on Telegram