opera.com

Mode lecture

La Côte d'Ivoire s'est affaissée. Pourquoi ne pas prôner un nouveau consensus national.

dognimalass 06/25/2020

Dans l'histoire politique ivoirienne, l'idée de "consensus national" est une revendication lancinante autant qu'une pratique constante. Sans doute, parce qu'elle correspond le mieux à notre tradition ancienne et moderne et qu'elle est tout à fait adaptée à notre situation historique actuelle.

Le premier consensus national s'est réalisé dans la lutte contre la colonisation française. Ce fut tout le combat du Syndicat agricole africain puis du Rassemblement démocratique africain et de sa section ivoirienne, le Parti démocratique de Côte d'Ivoire. Mais ce consensus fut de courte durée. Il vola en éclats sous l'effet des manœuvres de division du colonisateur, des dérives du régionalisme et du tribalisme dont se servaient certains hommes politiques ambitieux et égoïstes.

Sous prétexte de combattre le communisme, on perdit de vue la nécessité historique, celle de combattre le régime colonial et d'y mettre fin.

II fallut attendre la fin des années 50 pour que tous les partis politiques ivoiriens, une fois levée la fausse hypothèque du communisme, élaborent un nouveau consensus qui permit d'accéder à l'indépendance dans l'unité et la fraternité.

Ce deuxième consensus allait durer trois décennies. Quelles que furent les vicissitudes et les dérives, ce consensus, sous la bannière du parti unique, contribua à forger notre unité nationale et à jeter les bases du développement moderne de notre jeune nation.

Puis vint l'année 1990, celle du basculement du monde avec l'écroulement du Mur de Berlin, la dislocation du bloc des pays de l'Est et l'extension universelle de la démocratie pluraliste, en partie voulue, en partie subie par les peuples, notamment les peuple africains.

Le consensus national, si cher aux Ivoiriens, fut rompue dans une impreparation et un climat quasi insurrectionnel qui ne laissait augurer aucun accomplissement heureux.

De fait, trois décennies de multipartisme débridé n'a pas révolutionné le cours de l'histoire ivoirienne et africaine de façon plus générale. On a voulu réduire les débats et les combats aux seuls Africains en perdant de vue les partenaires extérieurs dont les pratiques impérialistes anciennes et nouvelles ont maintenu et maintiennent encore l'Afrique noire dans les liens de la dépendance extérieure. On affirme aussi, avec beaucoup d'optimisme, que toutes les convulsions, toutes les tragédies nées du multipartisme seraient annonciatrices de l'avènement d'une nouvelle Afrique, d'une Renaissance africaine qui a déjà ses prophètes et ses muscadins. Voire !

Voir les images dans l'appli et economisez jusqu'à 80% de data

Pour ma part, je persiste à penser que les Ivoiriens doivent se rassembler, se mobiliser dans l'unité pour le seul combat qui en vaille la peine : la libération de la dépendance extérieure et le développement endogène.

C’est pourquoi un nouveau consensus national doit être réalisé par toutes les forces politiques significatives et la société civile que le pluripartisme a fait éclore. Les réalités, ce sont des partis politiques ou des mouvements de pensée et d'action que rien de fondamental n'oppose, pas même les oripeaux des idéologies ou les passeismes et les mirages de l'ethnicisme, du régionalisme et de l'intégrisme. C'est encore un monde dominé par l'opposition entre un Nord développé et un Sud très pauvre, transformé par la mondialisation ultraliberale des échanges économiques et culturels, par la marginalisation d'une Afrique qui n'en peut mais.

Les enjeux, c'est précisément pour nous Africains d'être enfin des hommes libres et dignes pour forger un destin conforme aux accomplissements et aux promesses de notre histoire. C'est réussir notre développement et notre entrée dans le 20ème siècle.

Voir les images dans l'appli et economisez jusqu'à 80% de data

Source: opera.com
Les opinions exprimées par l'auteur de cet article ne sont pas celles d'Opera News. Lire Plus>>
Meilleurs commentaires
GUEST_MoJqYOoJ1 · 06/26/2020
Malheureusement les positions sont tellement tranchées qu'on aura dû mal à réaliser ce consensus tant que les uns pendront les autres comme des sous-hommes n'ayant pas droit au bien-être
+225-4415**** · 06/25/2020
poser des actions concrètes et oublier beaucoup la plume si nous voulons développer l'Afrique

Moins d'internet, Plus de News -- Moins de 1MB