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KKB: une candidature tissée dans l'ombre !

Kadhondelatte 06/25/2020

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Dans certains partis politiques africains, toute idée contraire à celles du président est toujours suivie de réprésaille. Souvent, quand un cadre important d'une famille politique veut prêcher de nouvelles idées, on le somme simplement de quitter le navire, et d'abandonner tous les privilèges y afférents. Et c'est probablement la raison pour laquelle, il a été toujours difficile de voir s'organiser des primaires avant les élections présidentielles nationales. L'exemple de la côte d'ivoire, est beaucoup parlant, là où le RHDP_le parti d'Allassane Ouattara_ a privilégié le consensus au choix du candidat.

Cette idée même d'organiser de libres primaires avait déjà fait l'objet de discussions entre plusieurs membres de différentes factions politiques. Et comme d'habitude, soit le maître arrive à s'imposer en se posant à nouveau à la tête du parti. Ou très souvent, l'idée même est traitée de subversive faisant passer tous ceux qui la préconisent de rebelles ou de taupes. Et ce scénario est visible au PDCI.

En effet, lorsque Bédié annonçait sa candidature, tout le monde pensait justement, qu'une espèce de consensus était encore à la base, et que tous allaient le choisir sans opposition. Plus rassurantes aussi, les paroles d'un de ceux-là qui passaient pour de d'éventuellles troubles faîtes. « Si Bédié est candidat, je ne serai pas candidat » avait lancé l'honorable KKB. Rien n'a été aussi claire, que cette déclaration qui a eu un écho chez tous les adversaires du PDCI.

A partir du moment, où le sphinx de Daoukro s'est porté candidat, et a donc déposé ses dossiers, plus rien ne pouvait entraver une telle démarche. On s'entendait bien sûr, comme au RHDP à une adhésion systématique de tous au seul candidat , l'ex détenteur de tous les titres honorifiques du premier mandat d'ADO, Henri Konan Bédié. Dans un premier temps, Billon et Thiam s'étaient retirés tranquillement. Nous l'avons déjà signifié dans de précédents articles, que Bédié avait l'oeil ouvert sur certains cadres qui étaient soupçonnés être d'intelligence avec l'ennemi, puisque leur attitude n'étant pas lisible et ne rassuraient pas.

Comme une attaque surprise, ce mercredi 24 Juin, KKB fait volte-face, et dépose nuitamment sa candidature. C'est une attitude qui surprend les observateurs et qui provoque plusieurs commentaires. Pourquoi vient_il déposer ses dossiers, comme un nid d'abeilles sur le chemin de l'éléphant ?

Et que dire du scénario et de la mise en scène de cette histoire. En disant tout haut et au su de tous qu'il allait soutenir Bédié, pourquoi vient-il dans l'ombre opérer contre ses dires ? Et pourquoi la nuit?

Déposer ses dossiers de candidature pour une élection aussi sérieuse la nuit, peut être vu comme un acte de clandestinité. A priori le chémin choisi par KKB cache bien de choses. Et on voit que son action traduit une absence de consensus à propos de la candidature de Bédié. KKB a_t_il bénéficié de mains obscures, qui le soutiennent et qui pour le moment, ne peuvent que travailler dans l'ombre? A 22 heures 55, une demande de candidature pour un poste auquel on est appelé à prendre en main la gestion d'un pays qui se veut soucieux de développement, de démocratie et surtout de transparence peut-elle passée sans l'ombre d'un doute ? Les Ivoiriens peuvent-ils prendre le risque de causionner une telle démarche ? D'ailleurs, avec ces événements, on remarque aisément que tous ceux qui donnent de la voix, et qui revendiquent des processus démocratiques au sein de leurs partis comme KKB le fait, peuvent étonner plus d'un. D'aucuns affirmeront que l'heure est un élément anodin, et soustiendraient opiniâtrement cette démarche de KKB. Mais la posture de KKB suscite beaucoup d'intrigues, Car qui votera pour un individu qui agit dans le sens contraire de ses propres déclarations encore fumantes? Où encore,s'il venait à être choisi pour représenter son parti, les ivoiriens voteront_ils pour celui qui sera connu pour sa versatilité ?

Dans son rêve, de devenir président de Côte d'Ivoire, KKB risque bien d'échouer avec ses propres paroles. La constitution ivoirienne n'autorise que des personnes de très bonne moralité( on sait que KKB est de bonne moralité) et qui avant tout respectent la parole donnée. On le voit, la candidature de KKB soulèvera encore des questions dans l'atmosphère politique ivoirienne, très agitée.

Comme le président Allassane Ouattara lui-même, qui a dit vouloir se retirer, il a tenu parole en désignant Amadou Gon Coulibaly pour son parti. Pourquoi ne pas s'en inspirer?

Source: opera.com
Les opinions exprimées par l'auteur de cet article ne sont pas celles d'Opera News. Lire Plus>>

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