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Une génération qui passe trente ans dans l'ombre de celle de Houphouët perd en assurance.

dognimalass 06/26/2020

En 2016, lorsque je me suis approprié la nouvelle mouture de notre constitution, j'ai fait un post invitant les ivoiriens à ne pas voter cette constitution pour deux raisons. 

La première est qu'elle ne permettait pas une mobilité générationnelle au sommet de l'État. 

La seconde est la question de l'état médical du candidat qui devenait sujet à interprétation. Rien que ces deux éléments me mettaient mal à l'aise et pour moi ils consacraient une véritable reculade démocratique. Il ne fallait pas la cautionner. La qualité d'un homme d'État se mesure également par sa capacité à gouverner et l'âge et la santé combinés je dis bien bien combinés étaient également un sérieux indicateur pour se convaincre de la capacité à gouverner des candidats. Les cas Bouteflika et Paul Biya sont encore sous nos yeux. 

Mais j' ai essuyé la colère des certains militants du RHDP ( majoritairement RDR et PDCI RDA) à l'époque des faits. J'ai fini par leur dire que la suite des événements me donnera raison. En politique rien n'est figé et les lignes vont certainement bouger. La suite on la connait. Les verroux de la limitation d'âge et de l'état physique des candidats ont sautés après l'adoption de cette constitution à la majorité absolue. Mais au bruissement d'une candidature probable de Henry Konan Bédié à la présidentielle de 2020 le débat sur la question de la limitation d'âge et de la santé des candidats resurgit. Les ivoiriens qui me tançaient en me disant que je ne faisais pas preuve de discernement et qu'une constitution ne pouvait exclure un individu sont en transe. Pourquoi ce rétro pédalage inexpliqué ? Eux qui ont voté massivement cette constitution et qui me disaient qu'une constitution ne devrait pas exclure sont blasés. Ont-ils voté sans prendre le recul nécessaire au préalable où ils l'ont fait parceque leurs leaders politiques le demandait? On voit là que le second choix colle bien à cette réalité. Mais à l'époque, le côté physique du candidat ne m'intéressait pas trop. Pour moi, il fallait rompre une chaîne générationnelle. Et il était temps. 

Le côté physique n'est pas véritablement le problème. Mon problème était l'émergence d'une nouvelle élite politique qui va insouffler une nouvelle dynamique dans la gestion de l'État. Cette nouvelle génération en qui les jeunes vont se reconnaître épousera les défits de son temps. il faut que cette génération qui est restée dans l'ombre des anciens pendant trente ans puisse s'exprimer maintenant. Il fallait projeter le pays vers l'avenir. Voilà le contenu de mon renouvellement de la classe politique. L'ancienne, la vieille classe politique a déjà fait sa part dans le progrès mais aussi dans la crise qu'elle a incrustée dans la vie politique ivoirienne. Nous, nous n'avons pas eu de jeunesse véritablement et nous continuons à nous "chercher" depuis la mort de Félix Houphouët Boigny. Qu'est ce que cette classe politique a créé en terme de valeur ajoutée depuis trente ans en comparaison aux capacités de ce pays? Là se trouve le problème et la question reste posée. C'est aux jeunes de le capitaliser. Voilà le sens de mon "rompre la chaîne générationnelle" à l'élection présidentielle de 2020 et le prônait depuis 2016. Cette constitution de 2016 a bien réhabilité les anciens. Il faudra en tirer les leçons.

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Source: opera.com
Les opinions exprimées par l'auteur de cet article ne sont pas celles d'Opera News. Lire Plus>>

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