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Bouaké/ Sans le savoir, il a bâti sa maison sur le site d’un ancien cimetière, sa famille le paie.

SGB78 06/25/2020

Avoir un terrain en zone urbaine est le rêve de tous et surtout pour le fonctionnaire que je suis. Je voulais non seulement offrir un toit à ma famille mais aussi passer une retraite tranquille sans me retrouver à m’acquitter encore de loyers après l’avoir fait durant toute ma carrière professionnelle. Mais aujourd’hui acquérir un terrain urbain relève d’un véritable casse-tête chinois. J’en ai fait l’amère expérience à deux reprises. La première fois, une mésentente entre les fils d’un propriétaire terrien m’a été préjudiciable et à plusieurs autres collègues enseignants en quête d’un terrain urbain à usage d’habitation. Dans le second cas de figure, nous nous sommes retrouvés à trois avec des titres de propriété pour la même parcelle de terrain. Engagés dans un long et coûteux litige foncier devant les autorités judiciaires, ces dernières ont fini par trancher en faveur de celui qui avaient les titres de propriétés les plus anciens.

 La longue crise qu’a connu le pays a été préjudiciable à différents services publics qui ont vu disparaître de nombreuses archives. La région de Gbèkè n’a pas échappé à cette triste réalité. L’administration ayant été absente pendant plus d’une décennie, certains individus sans foi ni loi en ont profité pour s’adonner à toutes sortes de pratiques répréhensibles. D’ailleurs, j’ai trouvé ce jugement correct même si j’y ai encore perdu de l‘argent parce que le second acquéreur et moi avions été victimes d’un intermédiaire véreux.

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        Alors, quand j’ai été informé d’une opération de lotissement en cours à la périphérie de la ville avec toutes les garanties d’acquérir en bonne et due forme une parcelle d’environ 600m2, je n’ai pas hésité une seconde. Après toutes les formalités administratives, je détenais au bout de longs mois de patience enfin mon titre de propriété définitif. Je venais de réaliser en partie mon rêve. Mon titre de propriété en poche, je me suis lancé dans la seconde phase de la concrétisation de mon rêve ; à savoir faire sortir de terre ma maison. Mes économies et un important prêt bancaire vont y passer. Je voulais me bâtir un véritable havre de tranquillité où je vivrais en paix avec les miens. Mais, j’étais loin de m’imaginer sur quel terrain je m’engageais cette fois ci. Après avoir eu maille à partir avec les hommes pour ce que je viens de vous relater tantôt dans ma quête de terrain urbain, j’allais faire face cette fois, à des protagonistes d’une autre nature.

        La parcelle était loin des périmètres déjà habités de la ville et je faisais partie des premières personnes qui y avaient entamé des travaux. Tandis que certains avaient fixés des plaques métalliques comportant le numéro de la parcelle et leurs références pour identifier et marquer leurs droits sur lesdites parcelles d’autres y avaient déversé des chargements de sable ou avaient confectionné des parpaings qu’ils avaient regroupés en tas. Moi, j’avais une longueur d’avance. Au bout d’un an et demi de travaux, j’avais enfin un « chez moi ». Je venais de réaliser un projet qui me tenait à cœur et me coupait le sommeil pendant de longs mois.

        Même si nous habitions en retrait de la ville pour le moment, mes enfants étaient heureux d’avoir chacun une belle chambre meublée à leurs goûts. J’étais un père heureux. Malheureusement ma joie sera de courte durée dans cette maison qui m’avait coûté les yeux de la tête et qui faisait planer encore sur ma tête de gros échéanciers bancaires. La première nuit s’était déroulée sans problème majeur, on avait dormi du sommeil du juste. Par contre, mon calvaire allait commencer à la seconde nuit. En effet, c’est un cri effroyable de ma première fille, âgée de 12 ans qui me tira de mon sommeil. En moins de temps qu’il ne faut pour le dire, j’étais déjà dans sa chambre. Elle tremblait de tout son corps, apeurée, les draps serrés contre elle et repliée sur elle-même dans un coin du lit.

        Toute la maisonnée était là dans sa chambre à ses côtés. Ses cris avaient réveillé mes deux autres enfants. Elle ne parvenait pas à m’expliquer exactement ce qu’elle avait vu mais je conclu qu’elle avait fait un cauchemar. Quelques instants après, elle se calma mais refusa de se rendormir toute seule. Sa mère passa le reste de la nuit avec elle.

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        Le lendemain matin, j’ai pu avoir un début d’explications. Elle croyait avoir vu en rêve, des ombres humaines de différentes tailles et de différents âges qui se penchaient sur elle. Ces créatures aux dents acérées la menaçaient et lui intimaient l’ordre de quitter leur demeure. Je pris cela pour un banal cauchemar surtout que la veille au couché, elle faisait un peu de fièvre.

        Deux nuits plus tard, c’était autour de mon premier garçon de nous faire la même scène. Cette fois-ci, le gamin de 10 ans avait détalé de sa chambre en pleine nuit et avait tambouriné à la porte de la mienne en appelant au secours. Il nous expliqua qu’il avait vu dans ses rêves, une horde de personnes en haillons et en colère munies d’armes hétéroclites qui le sommaient de partir de là. Ce cauchemar était identique à celui qu’avait fait deux jours plus tôt ma fille aînée. La situation me préoccupa au cours de la journée. Chaque tombée de nuit était un moment d’angoisse supplémentaire pour mes enfants. La journée tout se passait bien mais dès que la nuit commençait à nous envelopper, mes enfants étaient en proie à une peur indescriptible.

        Je n’allais certainement pas me décider à prendre le taureau par les cornes si je n’avais pas eu à mon tour ma dose de frayeur. Je venais de finir une harassante journée avec une classe de terminale C de mon établissement. Je comptais sur un bon sommeil réparateur pour récupérer de ma débauche d’énergie de la journée. La scène dans mon rêve était si réaliste que je me souviens encore des moindres détails. L’homme avait l’air d’un patriarche, les cheveux blancs comme du coton et une barbe hirsute, une étoffe sombre lui recouvrait les épaules. Comme un spectateur, je me voyais étendu et endormi. Le vieillard est arrivé et à fait plusieurs tours en me regardant tout endormi. Il s’était ensuite penché lentement vers ma tête avant de passer une main devant mon nez pour sentir le souffle de ma respiration sur le dos de sa paume. Après cela, j’avais vu l’homme reculer d’un bon mètre et les mains repliées dans le dos, je le vis attendre patiemment mon réveil.

        Toujours dans le rêve, une odeur âcre remplissait la pièce et me tira de mon sommeil. Je me mis à tousser et j’ouvris les yeux. Pris de peur, j’avais voulu m’enfuir mais l’homme d’un geste lent de la main mit fin à mon élan. J’avais les membres ankylosés. En dépit des efforts que je faisais pour m’enfuir, mon corps refusait de m’obéir. L’homme me parla d’une voix caverneuse et enrouée. Il m’informa que je troublais son sommeil lui et les siens. En gros, il me reprochait à moi et à ma famille de troubler leur quiétude. Il leva son index vers moi en guise d’avertissement. Ensuite, il recula lentement et disparu dans le mur. Je me réveillai en sursaut. Ce sont donc ces êtres effrayants qui venaient troubler le sommeil de mes enfants.

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        Je réveillai ma femme au bon milieu de la nuit et lui expliquai ce que je venais de voir en songes. L’image des yeux du vieillard rougis par la colère et les plis de son front, creusés par la colère me terrifiaient encore. Le lendemain en salle des professeurs, j’expliquai ce qu’était devenu nos nuits depuis que nous avons aménagé dans cette maison. A ma grande surprise, l’un de nos doyens qui avait fait toute sa carrière dans la ville m’expliqua que là où j’ai bâti ma résidence, le lieu avait servi autrefois de cimetière à un village qui, du fait de l’urbanisation galopante avait disparu aujourd’hui. C’est donc en cet endroit que plusieurs années en arrière, les habitants de ce village procédaient à l’inhumation de leurs corps.

        « Mon Dieu ! » m’étais-je écrié. J’avais donc fait construire ma maison en plein cimetière. Les fondements de ma maison reposaient sur des tombes. Que faire à présent ? Si je révélais cette histoire à mes enfants, ils n’accepteraient plus de passer une nuit supplémentaire dans cette maison. Il fallait trouver très rapidement une solution.

        A la pause de midi, je fis un tour à la maison. Tout autour de moi, je voyais des ouvriers à l’œuvre pour le compte d’autres propriétaires qui mettaient en valeur leur parcelle. Le rythme était lent mais c’était encourageant. Je me disais en mon fort intérieur que plus nous serons nombreux à habiter là moins ces invités étranges troubleraient notre sommeil.

        J’expliquai la situation à mon épouse à l’abri des oreilles des enfants qui venaient de rentrer de l’école. Elle étouffa un cri de panique. La peur se lisait sur on visage et elle regardait tout autour d’elle comme si elle s’attendait à voir apparaître les créatures qui troubles nos nuits. Elle me proposa aussitôt la voie de la prière pour congédier à jamais ces premiers occupants de notre parcelle. J’appréciais cette solution, moi qui m’attendais à ce qu’elle me proposa de quitter la maison sur le champ et de n’y revenir que lorsque le quartier accueillera plus d’habitants. Sa réponse me satisfaisait et je lui laissais la main libre pour envoyer n’importe quel exorciste, spiritualiste ou homme de Dieu qui nous débarrasserait une fois pour de bon de ces esprits qui nous troublaient le sommeil la nuit venue.

Source: opera.com
Les opinions exprimées par l'auteur de cet article ne sont pas celles d'Opera News. Lire Plus>>
Meilleurs commentaires
ApotreAbrahamMadou · 06/25/2020
donne ta vie à Jésus, et il va dépossédé ta maison sinon à mon avis c'est l'oeuvre de la sorcellerie, si tu ne fait par tu mourras , ou ta femme, ton enfant, laisse les féticheurs , où les marabouts, cherche un homme de Dieu , je ne te parle par d 'un voyous spirituel, un vraie homme de Dieu, s'il vient et qu'il te parle d'argent avant de prié ces que c'est un faut: prend courage Dieu te bénisse abondamment.
analyser · 06/25/2020
je pense que la faute est à celui qui vous a vendu la parcelle
LEPRINTEMPS · 06/26/2020
Seul les prières pourront les faire partir. La suite de l'histoire......
+225-7791**** · 06/25/2020
dis moi la suite après le passage de l'homme de Dieu

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